Il a choisi un bloc, trouvé un roc !
Comme lui ont enseigné les frères tailleurs
Qui ont fait dresser vers le ciel les cathédrales.
Ses yeux se sont illuminés, déjà, à la pensée de la forme
Des années durant, il a appris lentement l'esprit de la matière,
La connaissance et la vitesse ne vont pas ensemble.
Oui, se dit-il « pas d'esquisse, la taille directe,
C'est ma vraie route, même si ce n'est pas le bon chemin, je sais marcher »
Il sait qu'il ne pourra jamais rien rajouter et l'inattendu ne pourra se
résoudre
Que par retranchement dans cette matière qu'il aime : le marbre.
Avant tout, il faut aimer, faire surgir la forme que l'on porte en soi
Avec angoisse comme avec joie.
Il va devoir tailler la pierre et non la blesser, pour cela
Il va la caresser avec sa main qui pense et unit la pensée à la matière,
La polir et repolir avec finesse et tendresse jusqu'à l'éclat !
Avant tout aimer, et pour aimer il faut lutter !
Faire jaillir de l'informe, à la forme ;
Du sculpteur et de la pierre, naîtra une lutte l'un vers l'autre
Il n'y aura pas de vainqueur, si ce n'est que lui, qui aura fait naître et
l'autre qui sera né.
Dans un amour, que seule la main aura su donner !
Il choisit un bloc, trouvé un roc !
Il a choisi une veine de marbre,
Trouvé une perle rare
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